Les bijoux Victoriens : 1ère partie

peigne-1820 va museumLes bijoux sont, tout comme les autres arts et savoir-faire, des témoins d’une époque. Ils font partie intégrante de la culture et des goûts d’une société à un moment donné.L’époque victorienne, nom donné au long règne de la reine Victoria, est une période d’expansion et de triomphe pour l’Angleterre. De cette expansion ainsi que de la passion de la reine pour les belles choses, le raffinement, la sophistication et la bijouterie renaît un grand intérêt pour le port de bijoux. Elle dessinait des modèles, les portait, et en offrait.  Les goûts de la reine ont changé tout au long de cette époque aux grés des périodes de sa vie et de l’histoire du pays et par conséquent, ces changements ont grandement influencé l’univers de la bijouterie.On peut noter 3 périodes majeures d’évolution dans les bijoux Victoriens : la période romantique, la grande période, la période esthétique. Je vais vous parler aujourd’hui de la première période : la période romantique.

La période romantique (1840-1860) correspond à l’ascension au trône de la reine Victoria et à son mariage avec le roi Albert, à leur amour, leur dévotion à leur couple et au pays.  On fabrique à ce moment là des bijoux aux gravures complexes, aux techniques particulières (filigranes, repoussé, embossage,  gravure…) où l’émail est subtilement travaillé. La connotation sentimentale et romantique est évidente et les motifs rappellent le style gothique ou encore la Renaissance italienne. Ces techniques permettaient de donner de l’opulence au bijou avec moins de métaux précieux, qui étaient plus rares à l’époque.

On y remarque aussi l’influence de l’art nouveau : thèmes mythologiques,  les motifs de prédilection sont la nature (par exemple, les fleurs et leur symbolique, les oiseaux, les serpents…), les entrelacs, les couronnes, les étoiles, les trèfles à 4 feuilles, les anges, les figures de souverains, les médaillons, les nœuds d’amour, les mains fermées, les boucles d’oreilles « chandelier »… et leur symbolique respective. Les bijoux en coquillage, corail, ambre, métaux précieux, diamants et pierres fines, les camées et intaglio (gravure d’un visage, souvent, sur une pierre ou du verre), les bijoux en lave du Vésuve, les pierres gravées, l’ivoire, les bijoux avec  des écailles de tortue étaient très prisés.

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Le meilleur exemple reste l’alliance de la reine : un serpent orné d’émeraudes représentant l’éternité la vitalité, la vie, l’amour eternel.
On confectionnait par exemple des bracelets avec des pierres fines, précieuses dont les premières lettres formaient un mot. Ils étaient ornés aussi de breloques aux thèmes romantiques.

Lors de l’achat du château écossais à Balmoral en 1848, la bijouterie celtique (nœuds, boucles, flèches…) influence grandement la bijouterie anglaise : des pierres provenant des terres écossaises (agates, jaspes, granites, quartz fumés des montagnes) refond leur apparition.
La période victorienne est était très codifiée ainsi que le port du bijou. Seulement certaines pierres pouvaient se porter à la cour. Par exemple, les diamants étaient seulement portés avec les tenues de soirée et uniquement par des femmes mariées. En effet, le diamant étant un symbole d’amour et un cadeau traditionnellement offert  par un homme à sa femme, il était donc vulgaire de les porter en public car la femme non mariée était censée être pure. Un cadeau comme celui-ci de la part d’un prétendant ou d’un amant était inacceptable.
On portait moins de bijou en journée ou des bijoux plus simples, avec moins de pierres, et des formes plus recherchées avec plus de pierres pour le soir.

 

 

Crédits photo :Victoria and Albert Museum : Peigne 1820
Victoria and Albert Museum : Collier saphirs et diamants, 1850

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